Jonás Trueba

(c) Jorge Fuembuena, 2016

À quarante ans à peine Jonás Trueba est l’auteur de six longs-métrages, travail de scénariste et de cinéaste qu’il mène parallèlement à celui d’écrivain, mais aussi de critique et d’éditeur de livres de cinéma ; il a également fondé avec un ami une maison de production afin de conserver son indépendance dans la création. Dans le sillage d’une tradition francophile héritée de son père Fernando Trueba, cet amateur de la Nouvelle vague s’est toujours attaché à suivre sa propre voie. Davantage que par ce dernier, c’est par son oncle David Trueba et son premier film qu’il dit avoir été influencé, puisqu’il assista au tournage de La buena vida en 1996, alors qu’il était jeune adolescent. Mais Jonás Trueba s’est surtout construit sa propre famille de cinéma en s’entourant depuis ses débuts du même groupe d’acteurs avec lesquels il fabrique ses films d’une manière artisanale. De Todas las canciones hablan de mí (2010) qui parlent toutes de l’envoûtante Bárbara Lennie, à Eva en août (2019) incarné par Itstaso Arana – à la fois muse et co-scénariste –, le cinéaste madrilène explore avec ses partenaires de création un cinéma « vibrant et vivant » à l’esthétique contemplative rhomérienne. Dialoguant avec d’autres films, mais aussi avec la littérature et la musique, son œuvre questionne ses héritages en les revisitant, et livre des portraits sensibles des êtres et des villes. Jonás Trueba aime filmer les corps qui déambulent, les discussions qui s’étirent, la naissance des sentiments, et voit le cinéma comme une « extension de la vie », un espace d’où l’on peut mieux voir et écouter le monde. Il puise dans le quotidien de sa Madrid natale, scène à ciel ouvert où les relations se configurent, un émerveillement constant au service d’un cinéma qui se plaît à « tirer le meilleur de l’imprévu ».

Le Festival a promu précocement ses films en projetant dès 2007 Vete de mí, l’une de ses collaborations en tant que co-scénariste avec Víctor García León, en présence de ce dernier. En 2011, alors que son premier long-métrage Todas las canciones hablan de mí a déjà obtenu deux nominations aux Goya, le Festival reçoit Jonás Trueba dans la catégorie Ópera Prima. L’année suivante, il intègre cette fois le jury Documentaire, présidé par la journaliste Mireille Lemaresquier. Chaque nouveau film du réalisateur est une occasion réitérée pour le Festival de l’inviter, ainsi son quatrième long-métrage Los exiliados románticos, un road-movie mettant en scène les amours et amitiés d’une jeunesse bohème dans ses derniers moments de légèreté, est un véritable succès nantais qui se voit attribuer le prix Jules Verne du Meilleur Film. En 2017, le duo Jonás Trueba-Itstaso Arana vient partager à Nantes le fruit de leur première et prometteuse collaboration, La reconquista, tandis que leur Virgen de agosto (premier film distribué en France sous le titre Eva en août) est programmée avec Los ilusos pour clôturer la série de projections du trentième anniversaire du Festival.

Films projetés au Festival :

 

Quien lo impide (2021) / 2022*

La Virgen de agosto (2019) / 2021

La Reconquista (2016) / 2017*

Los Exiliados románticos (2015) / 2016*   > Prix Jules Verne 2016

Los ilusos (2013) / 2021

Todas las canciones hablan de mi (2010) / 2011*

 

Titre (année de sortie) / Année de projection au Festival   * film présenté par l’invité

Personnalités en relation :

Itsaso Arana (actrice) | Bárbara Lennie (actrice) | Sigfrid Monleón (acteur) | Luis E. Parés (acteur) | David Trueba (réalisateur) | Fernando Trueba (réalisateur)

Dans les archives du Festival :

Jonás Trueba - FBLO - 16/03/2012

2017, Rencontre

2016, Rencontre

2017, Entretien

2011, Entretien

Temps forts en images :

Pour en savoir plus :

TRUEBA, Jonás, Las ilusiones, Periférica, 2013.

La Reconquista : Itsaso Arana (actrice)

La Virgen de agosto : Itsaso Arana (actrice + co-scénariste), Sigfrid Monleón (acteur)

Los exiliados románticos : Sigfrid Monleón, Luis E. Parés (acteurs)

Todas las canciones hablan de mi : Bárbara Lennie (actrice)