Dans Edition 2001, Invité.e.s 2001

Invité de ces 11e Rencontres du Cinéma Espagnol de Nantes, le réalisateur espagnol était à Nantes le 16 mars.

IMANOL URIBE : ENTRE RÉALITÉ ET FICTION

Le premier long-métrage d’Imanol Uribe est un documentaire sur les militants de l’ETA jugés par un tribunal militaire en décembre 1970. Intitulé Le procès de Burgos (1979), il constitue un véritable événement pour le cinéma basque : il s’agissait de reconstruire un moment-clé pour Euskadi dans sa lutte pour la démocratie. Le film a subi de nombreuses pressions politiques qui, finalement n’ont pu empêcher qu’il soit projeté au festival de San Sébastian.

La volonté d’Uribe de refléter la réalité basque est tout aussi manifeste dans son deuxième long-métrage La fuite de Ségovie (1981), une fiction basée sur des faits réels : l’évasion de plusieurs membres de l’ETA incarcérés dans une prison de Ségovie. Il achève sa « trilogie basque » avec La mort de Mikel (1983), qui marque le passage définitif de sa filmographie vers la fiction.

Par la suite, Uribe, sans doute le réalisateur qui a le plus cherché à rendre compte – sans aucune dissimulation – des problèmes politiques et sociaux de la transition vers la démocratie en Euskadi, va s’éloigner du thème basque.

Adieu petite (1986) est un film de genre et le Pays Basque n’y est présent que comme toile de fond. En 1991, une pluie de « Goya » récompense Le roi ébahi, adaptation fidèle d’un roman de Gonzalo Torrente Ballester. Días contados (1994) est un projet plus personnel où le protagoniste, qui est à nouveau un militant de l’ETA, vit une passion destructrice pour une jeune droguée. Quant au film Étrangers (1985), il relève plutôt du cinéma d’auteur : à partir des archétypes les plus conventionnels du film noir, il glisse vers un produit qui n’a rien d’indus­triel.

Enfin Pleine lune (2000) est le der­nier film réalisé récemment par Ima­nol Uribe, adaptation du roman homonyme d’Antonio Mufioz Molina, ce long-métrage aborde à nou­veau la question basque mais en la maintenant au second plan.

S’il y a une constante dans la filmo­graphie d’Uribe, c’est bien sa préoc­cupation pour la réalité politique basque : évidente dans ses pre­miers films, elle est plus diffuse dans ses travaux plus récents. Uribe est considéré, sans conteste, comme une référence obligée dès que l’on parle de cinéma basque.

 

Joxean Fernández (Université de Nantes)
Traduction : Chrystelle Fortineau (Université de Nantes)

4 films projetés

  • Plenilunio (2000)
  • Días contados (1994)
  • La fuga de Segovia (1981)
  • El proceso de Burgos (1979)
Mario Camus, Katorza, 2001