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(c) David Herranz

Icíar Bollaín

Actrice avant d’être réalisatrice, Icíar Bollaín s’est vue happée très jeune par le cinéma, puis elle est passée derrière la caméra pour raconter des histoires très ancrées dans notre époque. Elle fait partie de cette génération de femmes cinéastes qui débutent dans les années 90, avec Isabel Coixet, Chus Gutiérrez, Gracia Querejeta et d’autres noms qui font le renouveau du cinéma espagnol avec un regard plus frais et libéré de ses préjugés, comme le montre en 1995 son premier film Salut, tu es seule ? (Hola, ¿estás sola?). Son troisième long-métrage, Ne dis rien (Te doy mis ojos – 2004), n’est pas seulement son film le plus connu. C’est aussi un modèle de dénonciation de la violence machiste et une analyse intelligente de ses causes, ce qui lui a valu d’être largement diffusé dans les établissements éducatifs et sociaux.

L’étude systématique de la filmographie d’Icíar Bollaín permet d’en identifier deux piliers fondamentaux : un cinéma social engagé sur les migrations, les inégalités sociales, les carences éducatives, la pauvreté, le colonialisme, le terrorisme…, et un cinéma à la sensibilité féministe qui recherche la visibilité des femmes, leur offre une place de tout premier plan dans le récit, dénonce des situations de discrimination professionnelle et analyse les présupposés de la société patriarcale et les rôles pré-établis pour les femmes. Dans son onzième long-métrage, la réalisatrice aborde un sujet jusqu’alors inédit en réunissant ces deux axes, puisqu’il s’agit de s’engager auprès d’une femme, Maixabel Lasa, dont la vie a été cruellement anéantie.

Les repentis (Maixabel – 2021) pose, avec une force et une conviction inhabituelles, la question des blessures ouvertes par le terrorisme. Maixabel Lasa est la veuve de Juan Mari Jáuregui, militant socialiste, gouverneur civil et combattant des droits de l’homme, y compris ceux de Lasa et Zabala, membres de l’E.T.A. assassinés. Des années plus tard, parmi les détenus ayant pris leurs distances avec le groupe terroriste et condamnant la violence se trouvent deux des assassins du mari de Maixabel. C’est là que se présente l’opportunité d’une rencontre entre victime et assassins, rencontre que le film reconstruit avec une sensibilité et une intelligence extraordinaires.

Écrite par Paul Laverty, Même la pluie (También la lluvia – 2010) est une réflexion complexe qui, suivant l’histoire du tournage d’un film historique, pose des questions et une vision critique sur le colonialisme et la domination des peuples au cours de l’Histoire. Cela s’articule autour de l’engagement et du dilemme moral des personnes, guidées autant par la situation de survie que par la solidarité envers les plus démunis.

José Luis Sánchez Noriega

Invitée présente du 18 au 20 mars 2022

Les films présentés



LES RENDEZ-VOUS À NE PAS MANQUER

A perfect day - vignetteJEUDI 17 MARS / 21h15
Soirée d’ouverture
A perfect day (un jour comme un autre) de Fernando León de Aranoa, en présence du réalisateur 

 

DE ARANOAVENDREDI 18 MARS / 22h
Cosmo-rencontre avec Fernando León de Aranoa

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