Le cinéma basque

 

Le cinéma basque dans l’Histoire

La première projection cinématographique publique au Pays Basque a eu lieu à peine six mois après celle des frères lumière – la première de l’histoire du cinéma -, le 8 décembre 1895 à Paris. Cependant, la production basque de films muets a été plutôt réduite.

De cette époque, trois titres sont à retenir : Edurne, couturière de Bilbao (1924) de Telesforo Gil del Espinar, Le majorat de Basterretxe (1928) de Mauro Azcona et Le sixième sens (1926) de Nemesio Sobrevila. Les deux premiers, qui ouvrent de nouvelles voies, n’ont pas été sans influencer les réalisateurs basques d’aujourd’hui. Le troisième est une réflexion sur le cinéma, à travers le cinéma, réalisé par un architecte-cinéaste aussi original que méconnu.

Après la défaite, à la fin de la Guerre civile, la dictature fasciste du général Franco s’est chargée d’anéantir un cinéma basque qui avait à peine réussi à émerger. Commence alors une très longue période qui voit se succéder des années particulièrement sombres pour les forces démocratiques qui avaient lutté contre Franco. Ce sont, bien évidemment, des années de répression pour toute expression publique du sentiment nationaliste basque.

Au cinéma, l’année 1968 marque un tournant avec le documentaire Ama Lur (La Terre Mère) de Néstor Basterretxea et Fernando Laruquert. Sa volonté d’éveiller le sentiment collectif de l’identité nationale basque rappelle « La majorat de Basterretxe ». Euskadi connaît durant les dernières années du franquisme une agitation extraordinaire : l’ETA mène ses premières actions armées en 1968 alors que le régime intensifie une répression généralisée dont le point culminant est le procès de Burgos en décembre 1970.

« Le procès de Burgos », documentaire tourné en 1979 par Imanol Uribe, est précisément l’événement cinématographique de la décennie. C’est le début d’une période – les années 80 – marquée par les subventions du gouvernement basque à la création cinématographique : jusqu’à 35 longs-métrages basques seront ainsi distribués dans les salles. Les réalisateurs dont on entend le plus parler sont : Armendáriz, Olea, Ezeiza et de nouveau Uribe.

Les années 90 voient apparaître une nouvelle génération de cinéastes basques qui se distinguent tant par leur talent que par la diversité thématique de leurs films. Un nouvel horizon se dessine pour le cinéma basque.

 

Les nouvelles générations du cinéma basque

Festival de San Sebastián (Donostia), 1991. Juanma Bajo Ulloa obtient la « Concha » d’or avec son premier long-métrage Ailes de papillon. C’est le premier d’une série de réalisateurs doués d’une véritable personnalité, qui apportent au cinéma espagnol un souffle d’air frais et qui sont capables d’attirer dans les salles un public nombreux et varié.
En 1992, c’est le désormais incontournable Julio Medem qui fait irruption sur le devant de la scène avec son premier long-métrage Vacas, qui fascine et le public et la critique ; depuis, il n’a cessé de distiller magie et originalité dans ses films.
Un an plus tard, en 1993, c’est au tour de Alex de la Iglesia, qui surprend avec une étonnante comédie interstellaire Action mutante, genre très nouveau en Espagne.
Le dernier de cette série est Daniel Calpasoro. Il obtient de nombreux prix en 1995 avec Saut dans le vide, une première œuvre pleine de force et de talent.

Ces cinéastes, bien qu’ayant des conceptions cinématographiques différentes, ont en commun une série de qualités indéniables telles que la maestria dans le maniement de la caméra et l’importance accordée aux images. Cette vague de jeunes réalisateurs brillants apporte au cinéma espagnol un renouveau qui conjugue qualité et succès commercial.

 Carmen Gros
(Étudiante en doctorat à l’Université de Saragosse)

 

Les films de la Fenêtre Basque

La sélection de courts-métrages Kimuak 2001

 

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