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Marsia Paredes, Invitée d'Honneur des 30 ans

Actrice emblématique du cinéma espagnol, muse de Pedro Almodóvar (Talons aiguilles, Tout sur ma mèreLa piel que habito, etc.) et égérie de l’affiche, Marisa Paredes (L’Échine du diable de Guillermo del Toro, La vie est belle de Roberto Benigni, Petra de Jaime Rosales, etc.) est l’invitée d’honneur de cette 30e édition.

 

Les temps forts de cette venue au FCEN

Marisa Paredes sera à Nantes du vendredi 11 au dimanche 13 juin 2021. L’actrice espagnole donnera une masterclass (samedi 12 juin, Cité des Congrès) et présentera deux de ses films. Le Festival profitera de sa venue pour lui remettre son Prix d’Honneur.

Masterclass & remise du Prix d’honneur du Festival

Masterclass de Marisa Paredes

Au cours d’une masterclass animée par le critique de cinéma et réalisateur Luis E. Parés, Marisa Paredes reviendra sur sa carrière d’actrice.

Cet événement phare du séjour de la Muse de Pedro Almodóvar à Nantes se déroulera sur la scène du Grand auditorium de la Cité de congrès de Nantes, à 17h. Ouverte à tous (sur réservation), la masterclass fera l’objet d’une traduction simultanée.

Remise du Prix d’honneur du Festival à Marisa Paredes par le réalisateur Amos Gitaï

Le réalisateur israélien Amos Gitaï (Un tramway à Jérusalem, Free Zone, Kedma, Kippour, Kadosh, Esther) sera présent à Nantes pour la remise du Prix d’Honneur du Festival du Cinéma Espagnol de Nantes à l’actrice Marisa Paredes. Elle se déroulera à la suite la Masterclass, à 19h00, à la Cité des congrès.
Cette cérémonie se déroulera en présence du Ministre espagnol de la Culture et des Sports, Monsieur José Manuel Rodríguez Uribes, et de l’Ambassadeur d’Espagne à Paris, Monsieur José Manuel Albares.

La cérémonie se clôturera par la projection de La flor de mi secreto / La fleur de mon secret, film présenté par Marisa Paredes en personne.

> Samedi 12 juin, 17h-21h45 | Cité des Congrès, Grand auditorium
Par mesure sanitaire, un entracte de 45 min est prévu entre la Masterclass et la Cérémonie de remise du Prix.

Réservez dès maintenant vos places pour ce double événement

Marisa Paredes, Invitée d'Honneur 2021

2 films présentés en salle

Cinéma Katorza

Cité des congrès

Marisa Paredes, talent aiguille

À rebours d’une éducation qui la destinait à tout sauf au métier d’actrice, Marisa Paredes a pris, très tôt, son destin en main. Soutenue par sa mère, Petra, qui portait le même prénom que l’un des derniers personnages habité par Marisa, devant la caméra de Jaime Rosales. Destin oblige. « Je ne veux pas de Marisa Paredes dans ton jeu », lui demandait ce dernier sur le tournage de Petra, lauréat du Prix Jules Verne en 2019. Comme si le cinéaste voulait qu’elle oublie tout ce qui a contribué à son succès pendant six décennies. Tout ce qu’elle a donné, généreusement, pour sa profession. Tous ces personnages, à la télévision, au théâtre, au cinéma, bien sûr. Depuis les premières planches brûlées alors qu’elle n’était qu’adolescente. Depuis l’Ecole d’Art Dramatique de Madrid, où elle a appris ce que son père et beaucoup de ses contemporains ne considéraient pas comme un métier. Encore moins pour une jeune femme. Elle, qui se qualifie d’éponge, s’est nourrie des mondes de tous les réalisateurs qui l’ont dirigée. D’abord Fernando Fernán Gómez, Jesús Franco, Fernando Trueba (Opera prima) ou encore Emilio Martínez Lázaro (Sus años dorados). Marisa Paredes a aussi fait ses armes à la télévision, en interprétant des textes de Tchekhov, Lope de Vega, Dostoievski, Calderón, Beckett… Autant de classiques qui expliquent son jeu tout en puissance contenue.

« Chica » almodovarienne

30 ans nous séparent du tournage de Tacones lejanos / Talons aiguilles, l’une des cinq réalisations de Pedro Almodóvar dans lesquelles Marisa Paredes brille pour toujours avec ce rôle cousu-main ! C’est lorsqu’elle chausse les fameux talons de Becky del Páramo qu’elle conquiert l’Europe et le monde. Almodóvar ne peut se passer d’elle pour La flor de mi secreto, Todo sobre mi madre / Tout sur ma mère, Hable con ella / Parle avec elle et La piel que habito. Almodóvar-Paredes : une rencontre providentielle que le réalisateur n’hésite pas à résumer ainsi avec humour : «Sans Marisa, j’aurais joué moi-même ces rôles». C’est dire la dimension unique de Marisa : une élégance, un sourire et une voix de contre-alto qui font sa signature.

Caméléonne

Les années 90 riment avec un cinéma du monde, séduit par la grâce et le talent de l’Espagnole : Amos Gitaï, Philippe Lioret, Arturo Ripstein (Pas de lettre pour le colonel), Raoul Ruiz (Trois vies et une seule mort, où elle donne la réplique à Marcello Mastroianni), Maria Sole Tognazzi (L’uomo che ama), Cristina Comencini (Mi familia italiana) ou Roberto Benigni (La vita è bella). Marisa Paredes ne délaisse pas pour autant le cinéma qui l’a vu éclore. Elle tourne pour Gonzalo Suárez dans La reina anónima, pour Jaime Chavarrí dans Tierno verano de lujurias y azoteas. Par goût du challenge, elle est à l’affiche du terrifiant et glaçant Frío sol de inverno de Pablo Malo, récompensé d’un Goya pour cet opera prima. Début 2000, c’est dans le tout aussi radical Salvajes de Carlos Molinero qu’elle déploie l’éventail de son jeu. Le Mexicain Guillermo del Toro convainc l’actrice en soif d’aventure de rejoindre son Échine du diable. Une échine que Marisa Paredes ne courbe point lorsqu’elle préside l’Académie du cinéma espagnol pendant trois années. Elle franchira à nouveau les frontières pour rejoindre les plateaux de Manoel de Oliveira (Miroir magique), Laure Carpentier (Gigola) et Thierry Klifa (Les yeux de sa mère).

La filmographie de notre invitée d’honneur, riche de plus de soixante-dix films, traduit bien la liberté avec laquelle elle a évolué au cinéma, sachant répondre à l’appel des plus grands tout en osant des premiers films d’auteurs. Toujours guidée par son instinct et un certain amour du risque.

Dix éditions après l’hommage qui lui était rendu ici-même, Marisa Paredes vient souffler notre trentième bougie et recevoir notre prix d’honneur, le week-end du 12 juin, sur la scène du Grand auditorium de la Cité des congrès. Elle accompagnera deux longs-métrages qui ont marqué sa carrière : La flor de mi secreto et Salvajes.

Hommage à Marisa Paredes - FCEN 2010Remise de la plaque d’honneur de l’Ordre honorifique civil Alphonse X le Sage par Monsieur le Ministre espagnol de la Culture et des Sports José Manuel Rodríguez Uribes, à Messieurs José Marquez et Joxean Fernández, en tant que co-directeurs du Festival du cinéma Espagnol de Nantes, 12 juin 2021. © Jerónimo Alvarez