Bi anai, Imanol Rayo, 2010

La fenêtre basque :
L’Euskadi donne de la voix

Dès les premières étincelles de cette 22e édition, le cinéma basque sera à l’honneur avec l’avant-première française de La chispa de la vida de Álex de la Iglesia, le Bilbaïn à l’honneur cette année au travers d’une rétrospective de six de ses films. Mais au-delà des étincelles, l’Euskadi fera découvrir pour la douzième année consécutive tous ses talents, du court au long-métrage, du documentaire à la fiction.

Traduit à travers le monde et célébré dans son pays, le romancier basque Bernardo Atxaga inspire le cinéma et ses réalisateurs. La preuve par trois avec ce pont entre cinéma et littérature que le Festival érige cette année en programmant Ces cieux / Zeru Oriek de Aizpea Goenaga, Obaba de Montxo Armendáriz et Deux frères / Bi anai de Imanol Rayo – ce dernier est en compétition pour le Prix Opera Prima. Trois longs-métrages adaptés des romans et nouvelles de Atxaga et qui ouvrent la porte de l’antichambre d’une œuvre mêlée de poésie, de ruralité et de politique.

Si Atxaga sublime l’euskera – la langue basque – les Bertsolari ne sont pas en reste dans sa transmission au plus grand nombre. Ils se livrent à des joutes verbales, remplissant les plus grandes salles de spectacle du Pays basque. La voix et l’oralité permettent alors à la culture de glisser d’une génération à l’autre. Mais elles deviendront aussi source de paranoïa et de pulsions meurtrières pour un jeune Africain naufragé sur les côtes d’Almeria dans Naufrage / Naufragio de Pedro Aguilera.

Mais le cinéma basque sait aussi emprunter d’autres voies, faisant flirter troisième âge avec humour noir dans Bonne année grand-mère ! / Urte berri on amona ! (Telmo Esnal) ou en remettant au cœur de l’Histoire de la Résistance française le rôle crucial du réseau Comète (Le dernier passage / El último paso, Enara Goikoetxea et Iurre Telleria). Deux longs-métrages tous deux respectivement en lice pour les Prix Fondation Borau-Opera Prima et du Meilleur Documentaire.

Alors, aux côtés de ce panorama du cinéma d’aujourd’hui, à la fois moderne et attaché à ses racines, les trois courts-métrages documentaires du photographe et cinéaste biscaïen Gotzon Elortza font office de curiosités. Puisqu’il s’agit des premiers films de l’histoire du cinéma conçus et tournés intégralement en basque.

Mais nous ne pourrions refermer cette Fenêtre sans rappeler que le court-métrage basque sera de nouveau à l’honneur. Cinq des huit Kimuak programmés cette année concourront pour le Prix du Meilleur Court-Métrage, parrainé par le Conseil général de Loire-Atlantique, lors de la Soirée « Erasmus », le samedi 17 mars au Théâtre Graslin.

 

Les films en sélection « Atxaga au cinéma »

 

FILMS EN SELECTION ‘ATXAGA AU CINEMA’

Obabakoak est traduit dans plus d’une vingtaine de langues et a fait le succès international de Bernardo Atxaga. C’est en basque que José Irazu Garmendia, de son nom à la ville, publie ses premiers écrits en 1972. Aujourd’hui, il est devenu membre de l’Euskaltzaindia, la prestigieuse Académie de la Langue Basque et publie de nombreux ouvrages : nouvelles, poésie, littérature jeunesse et romans. Le festival zoome sur trois films adaptés de ses romans et nouvelles

Deux frères (Bi anai), Imanol Rayo, 2010

Après la mort de son père, Paulo doit s’occuper de son frère Daniel, déficient mental. Une bien lourde tâche dans un village où les rumeurs vont bon train et les jeux d’enfants ne sont pas toujours innocents.
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Ces cieux (Zeru Horiek), Aizpea Goenaga, 2002

Irène, ancienne militante de l’ETA aujourd’hui repentie, bénéficie d’une amnistie et sort de prison. Elle décide alors de rentrer chez elle, à Bilbao. Le chemin du retour, véritable road movie, sera l’occasion pour elle d’un retour en arrière sur sa vie, jusqu’alors hantée par un militantisme forcené où la mort s’immisce à tout moment.
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Obaba, Montxo Armendáriz, 2006

Armée d’un caméscope et de ses vingt-cinq printemps, Lurdes s’en va explorer les territoires d’Obaba. Un village imaginaire peuplé d’habitants comme figés dans un passé troublant. Elle y croise l’institutrice solitaire ou le jeune désinvolte qui lui livrent des morceaux de leurs vies chimériques. Mais certains mystères demeurent muets et lézardent sur les murs pour échapper à l’œil du visiteur.
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Films en sélection « Panorama basque »

 

Naufrage (Naufragio), Pedro Aguilera, 2010

Parti d’Afrique, Robinson fait naufrage au large des côtes d’Almeria. Il parvient avec difficulté à regagner la rive et échapper à la mort. Son esprit est colonisé par des voix et d’esprits qui le troublent et le dirigent. Une seule solution s’offre à lui pour s’en libérer : tuer un homme.
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Bertsolari, Asier Altuna, 2011

Le “bertsolari” est un improvisateur de vers chantés en basque. Cette tradition orale a su évoluer et attirer la jeune génération jusqu’à réunir pas moins de 14 000 spectateurs lors de la finale du dernier championnat. Un art à l’esthétique austère qui surprend en ces temps de grands spectacles et d’effets spéciaux. Un voyage à travers la poséie improvisée, le silence et l’art nu.
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La sélection de courts-métrages basques

 

Aux origines du cinéma basque, Gotzon Elortza, 1959, 1961 et 1962

Voici trois courts-métrages documentaires restaurés du cinéaste et photographe biscaïen, Gotzon Elortza. Il s’agit des premiers films de l’histoire du cinéma conçus et tournés intégralement en basque. Un regard unique sur la Biscaye de la fin des années 50 et du début des années 60.
>>Voir la fiche du film Ereagatik Matxitxikora
>>Voir la fiche du film Aberria
>>Voir la fiche du film Elburua Gernika

Coptes (Coptos), Álvaro Sau, 2011

Farid a 33 ans. Après des années de mauvaise vie, il a quitté son poste au McDonald’s dans lequel il travaillait et s’est retiré dans le désert. Dans la vallée aride du Ryan, loin du Caire, de la révolution, du monde, il conduit son tracteur et prie.
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Tout près (Muy cerca), Iván Caso, 2011

Julia doit rejoindre à la plage son conjoint, Jaime, qui lui a laissé des signes énigmatiques. Julia et les enfants suivront les indications jusqu’à se perdre dans une forêt proche de la plage. Cette petite odyssée montre le lien fragile que Julia maintient avec la réalité, avec les enfants et avec sa véritable nature.
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Le calme (La calma), David González, 2011

Jorge, un homme ordinaire qui avoisine les quarante ans, voit la stabilité de son monde menacée par une série d’événements du passé qu’il croyait oubliés.
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