Le Festival du Cinéma Espagnol de Nantes renouvelle son engagement fondateur : rendre hommage aux meilleurs réalisateurs et acteurs de l’année 2016, célébrer le cinéma espagnol et accueillir de nouvelles façons de regarder le monde à travers le cinéma, mais aussi à travers la photographie, l’histoire, la littérature et la bande dessinée.

Le film noir espagnol sera à l’honneur cette année. À lire Bertrand Tavernier : « il s’agit d’un genre très hospitalier. Il permet de faire passer des messages en contrebande » : la quête du pouvoir, la corruption, les scandales de l’immobilier, les fractures et les crises d’une société où règnent l’injustice et l’absence de valeurs. Des réalisateurs de talent s’approprient depuis 1990 ce cinéma de genre comme jamais dans l’histoire du 7e art espagnol : Urbizu, Alberto Rodríguez, Calparsoro, Arévalo, Monzón, Sorogoyen, etc.

En cette année 2017, date anniversaire du bombardement de Guernica (26 avril 1937), nous reviennent les débats à propos de la guerre en Syrie, les comparaisons autour des bombardements de civils, de l’intervention de combattants étrangers et de l’accueil des réfugiés. Un cycle de cinéma, une exposition et des débats autour de ces deux événements mis en miroir seront proposés tout au long de cette édition. C’est en cela que le cinéma souvent donne forme à l’histoire.

Le policier qui révèle notre société, les dieux de la guerre qui brisent nos vies et les stars qui incarnent nos rêves et nos tourments, tous seront ainsi volontairement mêlés lors de cette 27e édition. Un hommage sera rendu à Emma Suárez, actrice de cinéma et de théâtre ; elle construit une carrière à son image : surprenante, audacieuse, exigeante, prolifique, elle fut l’égérie de Julio Medem dans les années 90 et de Pedro Almodóvar dans le rôle d’une mère poignante, Julieta. Une des plus célèbres chicas Almodóvar, Rossy de Palma, sera aussi célébrée à Nantes : flamboyante dans Femmes au bord de la crise de nerfs, gouvernante acariâtre dans Julieta et... beauté audacieuse sur l’affiche de cette édition.

Pilar Martínez-Vasseur