A l'occasion de la soirée Erasmus du court-métrage, le public vote pour le meilleur court projeté à l'Opéra Graslin. Ce Prix est parrainé par le Conseil général de Loire-Atlantique. Séance unique le samedi 17 mars à 20h
+ d'info
Depuis 2010, un jury de professionnels du cinéma, de l'information et d'historiens remet le Prix Colegio de España du Meilleur Documentaire (Prix parrainé par le Colegio de España.)
+ d'info
Depuis 2008, un jury de journalistes se réunit pour décerner au meilleur premier film le Prix de la Fondation Borau. Le Jury Opera Prima 2012 est composé de journalistes des médias partenaires : Stéphane Herel (France 3), Chloé Audéon (Wik), Raphaël Godet (France Bleu), Véronique Escolano (Ouest France), Tatiana Dilhat (Vocable), Magalie Rohm (FIP).
+ d'info
Chaque année une sélection de 6 à 7 productions espagnoles est soumise au vote du Jury Jules Verne (professionnels du cinéma et de la culture de France et d'Espagne. Prix parrainé par la Ville de Nantes.), du Jury Jeune (étudiants cinéphiles aux parcours éclectiques. Prix parrainé par le Crédit Mutuel) et du Public (Prix parrainé par la Région Pays de la Loire).
+ d'info
Edito
" VERS D'AUTRES MONDES "

Tout commençait sur une route d’auto-stop au soleil
aveuglant de 2010. Nantes pour destination. Le long
plan-séquence d’une voiture pleins phares dans la nuit
d’une ville ? C’était en 2011. Au centre de l’image, biffant
la réalité de cette vue déjà lointaine, trois silhouettes
franchissent, cette fois-ci, un pont. La caméra n’est pas
là pour voir au dehors. Nous sommes devant un cadre paysage
éclairant le printemps 2012 : la 22e édition du
Festival du Cinéma Espagnol de Nantes vous invite à
pénétrer dans les salles de cinéma, à arpenter la ville et
nos imaginaires, les affiches annonçant les écrans, ceux-ci
ouvrent sur un ailleurs insaisissable.
Paysages hors cadre
Le cinéma espagnol, le cinéma et la culture en général
n’ont ni vocation ni capacité à résoudre la crise, les crises.
Par contre, la production espagnole 2011-2012 a cela de
vraiment particulier qu’elle interroge les crises, de fictions
en documentaires, leurs raisons, leurs complices ou ceux
qui en sont simples acteurs, c’est-à-dire nous-mêmes.
L’Espagne, vue de loin, paraissait « universelle » aux amateurs
d’un folklorisme qui n’était que la pétrification d’une
image vide. L’Espagne des « indignados » est, elle, lestée
d’un « universalisme » autrement plus puissant, puisqu’il
témoigne d’une crise internationale, d’un questionnement
qui balaie les frontières, toutes les frontières. Et le cinéma
espagnol de 2011-2012 se fait, lui, l’écho de cet « état
du monde » qui vient bousculer plus que les seuls clichés,
mais les valeurs mêmes de nos vies, parfois des survies.
Il est significatif que dans ce pays voisin où le poids de
l’Histoire, de la mémoire, est – nous le verrons dans certains
des films – bien plus prégnant qu’en France, la vie
soit allée « plus vite » (la transformation de la société),
« plus rapide » (la bulle de l’immobilier), « plus folle », aussi, puisque la chute est violente. Et qu’elle interroge notre
propre quotidien : prémisse en deçà des Pyrénées… ?
Le Festival du Cinéma Espagnol de Nantes veut être
témoin, propose un regard, mais se défie des prismes
déformants : mieux regarder un pays doit simplement
contribuer à mieux sentir ce qu’il éveille en nous.
Ainsi, N’aie pas peur, de Montxo Armendáriz, Rides, de
Ignacio Ferreras, Iceberg, de Gabriel Velázquez, De ta fenêtre
à la mienne, de Paula Ortiz, La porte de non retour, de
Santiago Zannou, Madrid, 1987, de David Trueba,
Katmandou, un miroir dans le ciel, de Icíar Bollaín, Marché
d’avenirs, de Mercedes Álvarez, ou encore Cinq mètres
carrés de Max Lemcke, réécrivent, parfois avec humour,
mais toujours avec des sensibilités et des langages fort
différents, les images-récits d’une histoire et d’une géographie
sans cesse réinventées.
Cette 22e édition, telle que nous l’avons construite, ne
se réduira pas au seul programme qui la présente ; « les
autres mondes », ceux de la rencontre et de l’imaginaire,
de la révolte et des émotions, du travail de mémoire et
de la lutte contre l’oubli (La voix endormie, En écoutant le
Juge Garzón, Au bout du tunnel, 23-F, Les constituantes,
Ispansi, Soldats de Salamine, l’hommage à Jorge Semprún),
participent de cette volonté de donner à voir et à
comprendre.
À partir du 15 mars, venez rêver d’ailleurs.
Bon Festival.
Pilar Martínez-Vasseur
